vendredi, août 10, 2007

Interview - DOG BLESS YOU

Sam a accepté de se prêter au jeu de l'interview. Je l'en remercie. Ca faisait un moment que j'avais envie de le questionner sur certains trucs, sa relation avec sa muse, ses activités musicales et associatives... Bon, y'a un petit passage qui me fait rougir, j'avais pas envie de l'enlever parce que voilà, on se connaît depuis longtemps, fallait bien verser dans l'autocongratulation à un moment donné... Si ça te dérange, tu peux toujours laisser un commentaire pour me le faire remarquer. Ca me fera plaisir.

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Salut Sam, pourrais-tu te présenter (aussi bien dans le civil que dans ton univers bien particulier) ?

Que dire ? Toujours difficile de parler de soi-même. Vais faire simple, efficace et conventionnel.
Je m'appelle RICCIUTI Samuel, fils d'immigrés italiens. Étudiant, je prépare une thèse en sociologie de l'art à l'Université de Metz. Mes recherches portent sur les moyens de production et de diffusion des labels indépendants. Par ailleurs, je suis musicien sous divers pseudos, au sein de divers projets, dans divers univers musicaux, le principal restant DOG BLESS YOU. Membre fondateur de l'association "Chez Kito Kat". Adepte invétéré des paradis artificiels et des plaisirs charnels (hihi).
Que dire de plus ? Voilà ma vie résumée en quelques lignes…

Divers pseudos, divers projets… Diverses personnalités aussi, je suppose. Je te connais effectivement surtout sous le patronyme de DOG BLESS YOU, mais pourrais-tu me parler un peu plus en détail des autres ?

Diverses personnalités ? Marrant que tu dises cela. Ca vient peut-être de ma schizophrénie latente… ‘fin, ne nous attardons pas sur le sujet…
En effet, j'aime m'évader dans divers projets. Au fil des rencontres. J'ai d'abord commencé en 1998 sous le pseudo de Samab, j'étais DJ et beatmaker pour un collectif hip hop (TRIPLE H COMBO). Puis, à force de diversifier mes influences musicales, j'ai basculé tout naturellement vers l'électro, d'abord sous le pseudo A31 PROJECT puis sous le patronyme de DOG BLESS YOU.
Bien que je préfère travailler seul, nombre de rencontres ont été très lucratives, musicalement parlant. Avec Barclau (qui, par ailleurs, m'accompagne sur scène), nous avons fondé le projet électro folk WHERE IS THE ARCHITECT. Mais celui qui me tient le plus à cœur en ce moment reste sans aucun doute le projet issu de ma rencontre avec Christophe Biache de DIAPORAMA. Pas encore de pseudo pour celui-ci, mais ce qui en ressort pour l’instant promet une suite très convaincante. Ayant une vision également plus minimaliste de l’électronique ambiant, j'ai pu développer une musique beaucoup moins consensuelle sur des installations visuelles et des chorégraphies de danseurs japonais, notamment lors de cette rencontre avec Alexandrine France. Je passe enfin sur les différents featurings et autres remix, trop nombreux pour être listés ici.

C'est par le hip hop que tu es entré dans un processus de création musicale ou bien sont-ce d'autres musiques qui t'ont poussé à trouver ton propre mode d'expression artistique ?

Le hip hop a été pour moi une certaine façon de sortir de l'héritage musical laissé par mon père. Jusqu'à mes 13 ans, je passais mon temps à écouter ses vieux vinyles. Tous ces classiques psychés de la fin des années 60. Il n'y a pas eu un jour de mon enfance où je n'ai pas entendu un morceau de PINK FLOYD. Une obsession. Puis j'ai tout doucement commencé à écouter du hip hop. En 1993, ma première grosse claque a été le "36 Chambers" du WU TANG CLAN. J'ai tout de suite pris goût à analyser les instrumentaux. Beaucoup plus que le flow et les textes, c'était les instrus qui retenaient toute mon attention. Je me suis alors dit que je pouvais passer de l'autre côté de la barrière, essayer de les créer moi-même. Je n'avais cependant aucune connaissance du solfège et ne savais jouer d'aucun instrument. J'ai donc opté pour l'achat de platines et d'un tout petit sampler avec mes très maigres revenus.
J'ai commencé à faire du son dans la logique de créer des instrus hip hop, et puis avec le temps je suis revenu petit à petit à des musiques plus planantes, ambiantes et minimalistes. Retour aux sources psyché, mais avec les bases rythmiques du hip hop, le travail des samples et des boucles. Le hip hop m'a permis de faire mes premiers pas, il représente beaucoup pour moi.
D'ailleurs, une de mes prochaines envies est de travailler avec des MC’s sur un projet abstract hip hop.

À ton avis, il est dû à quoi, ce retour aux sources (vers le psyché donc) ? Est-ce que tu te sens proche d'un groupe tel que DALEK qui revendique, lui, clairement de telles influences ?

On finit toujours par revenir aux sources. En tout cas, même si le retour ne se fait pas, on garde forcément ancrées en soi des références, des influences… J'ai grandi avec celles-ci, et malgré la découverte d'autres styles musicaux, j'ai quand même continué à écouter les Miles Davis, Herbie Hancock, PINK FLOYD et autres TARKUS de ma jeunesse.
En ce qui concerne DALEK, leur travail ne me transcende pas plus que ça. J'aime tout de même leur musique, on sent les influences psychées. Je me souviens d'un concert où tu avais fini complètement raide allongé au fond de la salle, haha. En live, ils sont vraiment très très forts… Musicalement je ne me sens pas trop proche d'eux, donc. En revanche, dans leur logique de production et de diffusion similaires à celle des milieux DIY, il y a là pour moi un véritable modèle à suivre.

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Au fond de la salle d'abord, puis dehors sur le trottoir en train de comater sous la pluie… Je crois que j'ai arrêté de fumer de la drogue après ce concert… Bon DALEK c'était le premier exemple qui me venait à l'esprit. En revanche, ça tombe bien que tu en parles : j'aimerais savoir comment tu en es venu à adopter cette logique DIY pour ton propre travail. Tu vois ça comme un choix ? Une contrainte ?

Depuis très jeune, j'ai cette répulsion pour tout ce qui est accessible, ce qui est formaté, cette musique qui satisfait la masse sans qu'elle n'ait aucune question qualitative à se poser (peut-être est-ce ma crise de rébellion adolescente qui n'en finit pas de durer ?).
J'ai toujours cherché à écouter ce qui sortait en indé. Même lorsque j'ai commencé à écouter du hip hop, je m'obstinais à n'acheter que des disques d'indépendants.
Et puis, à force d'observation, à force de découverte et surtout à force de rencontres (dont tu fais partie), j'ai commencé à comprendre un peu comment fonctionnaient les milieux indépendants. C'est sans aucun doute le modèle punk (hardcore) qui m'a le plus inspiré, autant au niveau de la création des réseaux que dans l'échange musical, dans cette logique de non-profit, et surtout cette logique du "fais-le toi-même".
Je regrette de ne pas voir ces principes se développer plus que ça dans le monde de la musique électronique. Il existe quand même quelques belles exceptions à ce que je viens de dire : Chat Blanc Record de Montréal par exemple, les labels Scape, Morr, Merck… Et puis il y a ce label luxembourgeois sur lequel je viens de sortir un album expérimental, Sounds From Nowhere… Ca m'a troué le cul de voir un Luxo (désolé pour les préjugés bêtes et faciles) s'acharner à diffuser des productions expérimentales à travers le monde sans chercher à se faire le moindre profit, si ce n'est un profit artistique de découverte musicale. Lorsque j'ai vu comment fonctionnait ce label, j'ai tout de suite accepté l'invitation à faire partie du catalogue.
Maintenant, je sais que cette obsession à n'écouter et à ne rechercher que de l'indépendant a des mauvais côtés, je suis certainement passé à côté de belles productions sorties sur des majors. Je sais pas. En fait, ça me fait bizarre de mettre dans la même phrase "major" et "belles productions", héhé.

Tu exclus donc le fait de vivre un jour de ta musique ?

Le style musical dans lequel j'évolue n'a jamais vraiment créé de millionnaires. Vivre de ma musique reste une utopie, un rêve de gosse. Ce rêve de gosse n'est pas de faire des millions, juste de pouvoir vivre de quelque chose que j'aime. Je n'espère pas, au niveau de ma production musicale, réaliser un quelconque profit financier, mais si je peux vivre de la musique d'une autre façon… Voilà une des raisons pour laquelle je continue mon doctorat. Il me permet de faire mes recherches sur la musique, donc de rester ancré dans un domaine que j’aime, tout en espérant peut-être un jour vivre de ces recherches.
Espérer dans ma musique un quelconque profit m'obligerait à la formater pour toucher un public de plus en plus large. Je ne veux pas créer pour satisfaire un quelconque cahier des charges. J'aime créer avec mes tripes. Et cela ne changera pas. S'il faut que j'aille travailler à la chaîne pour me payer le moyen de produire ma musique, alors je le ferai… Putain j'aurais dû faire de l'électro-pop mainstream music, ça aurait quand même été plus facile…

Concrètement, au sein de DOG BLESS YOU, quelles sont tes influences primordiales ?

Question difficile… Tellement de choses que j'aime écouter, tellement de groupes qui m'ont influencé, tellement de références qui entrent en compte tant dans la production que dans la diffusion… Je peux te citer à la va-vite quelques-unes de mes principales influences : sans aucun doute les labels Constellation, Kranky, Merck, Scape, Good Looking, Morr, Warp, Ninja Tune ou encore Mo wax… Quelques groupes ont aussi eu une influence primordiale : PINK FLOYD et BOARDS OF CANADA sont certainement deux des formations qui m'ont le plus orienté dans ma vision musicale. Et puis, comme je l'expliquais plus haut, j'ai aussi beaucoup écouté de hip hop, de musique expérimentale, d'electronica, de folk… Toutes ces références sont autant d'influences, elles varient en fonction des moments, des humeurs, des rencontres.

Qu'en est-il de tes voyages ? Il me semble que tes errances à travers le monde jouent un rôle important sur ta musique… Que recherches-tu dans ces voyages, en dehors de l'inspiration pour créer ?

Oui, c'est clair que ces voyages sont une merveilleuse source de découverte et d'inspiration ! J'ai toujours eu la chance de voyager, que ce soit avec mes parents ou seul à partir de l'adolescence. J'ai besoin de bouger, j'ai besoin de découvrir. Me mélanger aux autres cultures. "Errance" est le mot parfait, j'aime errer et me perdre dans des villes que je ne connais pas, marcher des heures. C'est dans ces moments-là que je me sens le mieux. Je me sens vivre.
Il y a des lieux qui ont tout de même une force d'attirance supérieure sur moi. Déjà l'Italie, mon pays, Naples, ma ville, ma famille… Besoin d'y aller au moins une fois par an pour me ressourcer. Il y a également les cultures des pays arabes qui ont eu une influence sur la couleur de mes productions. J'espère pouvoir partir le plus rapidement possible pour le Moyen-Orient, la Syrie, la Jordanie, Israël, le Liban… Je pense que le prochain voyage sera là-bas, juste avec un billet aller, sans date de retour préméditée.
Et puis le Canada… Comme tu dois le savoir, je pars en septembre pour un an là-bas. C'est une très longue histoire. J’y suis allé la première fois à 10 ans pour un stage de hockey sur glace. Après plusieurs allers-retours, je me suis promis d'aller vivre là-bas. Le genre d'obsession que l'on ne peut pas expliquer.
Pour moi, chacun d'entre nous devrait voyager. Cela permettrait d'éliminer tous les préjuges, d'avoir une approche personnelle de la diversification culturelle, et surtout c'est une certaine façon d'apprendre à sa façon. Bien sûr, pour voyager, il faut des moyens financiers et cela n'est pas donné à tout le monde. C’est regrettable.

Qu'en est-il de ton travail photographique (issus de tes voyages, je suppose) ? Comment es-tu venu à t'exprimer par ce biais ? Quel rôle tient ton objectif, quel est son but premier lorsque tu te retrouves face à une scène, prêt à shooter ?

La photographie est venue plus tard, un peu par hasard, au fil des voyages. J'aime rester à regarder de jolies photos, des paysages, des décors urbains, des portraits, essayer d'imaginer une bande son pour chaque image. Lorsque je prends des photos, elles sont le reflet exact de ce que je vois quand je compose ma musique. J'affectionne tout particulièrement les paysages urbains, le béton, les décors industriels, les usines (fruit d'une enfance en pays sidérurgique !). Mon objectif permet d'immortaliser ces images qui me hantent. J'ai eu l'occasion, à plusieurs reprises, d'exposer mes travaux, mais je prends un peu plus ça comme un hobby, même si je n’aime pas trop ce mot. Je n'ai aucune prétention par rapport à la photographie, je sais que j'ai de grosses lacunes techniques sur ce moyen d'expression artistique.

Musique, photographie, voyages, es-tu déjà parvenu à lier ces trois passions ?

La photographie et la musique me font voyager, les voyages influencent ma musique et mes photos.

Héhé par là, je voulais savoir si tu n'aurais pas envie d'organiser un de ces quatre une tournée où tu mêlerais ta musique et tes photos. Est-ce que ce genre de projets te botte (sachant que t'as déjà participé à un projet plus multimédia) ?

Oui, j'ai déjà eu l'occasion de travailler sur la bande son de vidéos, c'est un travail qui me plaît, mais différent car les images sont en mouvements. Mettre en sons mes images serait un très joli aboutissement. Voilà le genre de projet qui me botterait vraiment beaucoup ! Une expo photo avec une performance musicale en live. À méditer.

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Justement, au niveau de tes lives, dans leur forme actuelle, est-ce que tu te sens à l'aise ?

Pas vraiment… Je me suis vraiment senti bien lors d'un festival au Luxembourg dernièrement : en même temps que je jouais, il y avait de la vidéo expérimentale qui défilait. Et je sais que ma musique a besoin de ce support visuel. Je travaille aussi pour jouer plus d'instruments en live, rester scotché derrière son PC peut s’avérer une expérience déroutante, tant pour moi que pour le public. J'ai cependant la chance d’être accompagné par Barclau, un excellent guitariste qui sait parfaitement s'accommoder de mes compositions. Il donne cette touche analogique qui complète la couche numérique.
Mes lives ne sont pas encore parfaits, c’est un fait. Je travaille là-dessus. Je prends néanmoins mon pied à jouer en public, cela procure un contact avec les gens que je ne retrouve pas lorsque je compose. C’est vraiment enrichissant.

Toutes aussi enrichissantes sont ces rencontres qui t'amènent à collaborer (avec Barclau, comme tu l'as souligné, ou bien Dr Geo) ou à partager ta musique (avec Electroluminescent par exemple). Pourrais-tu m'en dire un peu plus ? Y'a-t-il eu des rencontres plus marquantes que d'autres ?

Comme je l'ai précisé un peu plus haut, j'ai une façon de travailler ma musique assez personnelle. J'aime bosser seul, à mon rythme. Mais au bout d'un moment, il est toujours intéressant de partager la création. Quelques rencontres ont été déterminantes. Barclau premièrement, qui reste vraiment la personne avec qui je m'entends le mieux au niveau du travail sonore.
La rencontre musicale avec Dr Geo est assez spéciale également. Je connais ce bonhomme depuis un certain nombre d'années, mais jamais nous avions eu l'occasion de jouer ensemble. Et puis, il y a 6 mois, il m'a proposé de m'accompagner pour un petit live. J'ai tout de suite senti cet amour de la musique couler en lui. C'est vraiment un guerrier, il vit par et pour son art. Voila le genre de rencontre que je souhaite faire, être amené à collaborer avec des personnages qui te poussent sans cesse vers le haut. On a eu l'occasion de réaliser deux improvisations pour Luxembourg 2007. Des moments inoubliables. Suis content de partager la sortie d'un split avec lui. Voila, une affaire à suivre…
Une autre rencontre qui est actuellement déterminante dans mon travail est celle avec Christophe Biache (DIAPORAMA). Il a approximativement les mêmes références musicales que moi. J'aime travailler avec lui, il est très professionnel, encore une personne qui me tire vers le haut. Un EP est en préparation pour la rentrée.
La rencontre avec Ryan Ferguson (ELECTROLUMINESCENT) a été forte en émotions. On a partagé quelques dates ensembles, on a passé deux semaines à terminer tous les soirs bourrés et à essayer de communiquer, moi avec mon anglais de supermarché et lui avec ses deux mots de français. À la fin, tant la rencontre a été forte, nous avons décidé de conclure ça par une collaboration musicale. Deux morceaux sont issus de cette rencontre. Deux bijoux.
Et puis y a toi mon petit Flo. Sans aucun doute la rencontre la plus marquante. Peut-être pas au niveau musical, mais pour tout ce qui va avec, l'amour de la musique, de sa diffusion, ton écoute, ta patience, la prise de confiance… Tu m'as fait croire en moi… Héhé, c'était la minute d'émotion…

Tu vas faire chialer tout le monde là, héhé… Et ta rencontre avec Salima, ta compagne au sein de Chez Kito Kat ? Là je sais qu'on déborde du contexte musical, mais j'aimerais bien que tu me racontes les difficultés que tu as dû affronter pour faire accepter votre relation à votre entourage…

Plus que ma compagne au sein de Chez Kito Kat, Salima est surtout mon double. Ma muse. Je partage ma vie avec elle depuis maintenant 11 ans. On s'est rencontré au collège, on ne s'est plus quitté depuis. Comme tu le dis, il y a eu des difficultés dues à nos différences d'origines, elle algérienne et musulmane, moi italienne. Dur dur. C’est sans doute ce qui nous a fortifiés, fortifié notre relation. Nous avons toujours été confrontés aux préjugés, tant dans ma famille que dans la sienne. Même des fois chez les amis, et ça c'est vraiment le pire. Les gens n'aiment pas les mélanges ethniques, encore moins les mélanges religieux. Ça perturbe leur train-train quotidien. Nous, on s'en fout royalement.
Que dire de Salima ? Il me faudrait un bouquin de 500 pages minimum pour parler d'elle et de ce qu'elle représente pour moi. J'ai tendance à dire : Salima, le fond et la forme. Sans elle, je ne serais ce que je suis maintenant. Il n'y a pas de Samuel sans Salima.

Vous fonctionnez en couple au sein de Chez Kito Kat. Pourrais-tu me détailler un peu plus vos activités, la manière dont vous fonctionnez ainsi que vos projets ?

Avec Salima, nous avons monté cette association dans le but d'enrichir encore un petit peu plus la programmation musicale sur Metz. Non pas qu'il n'y avait pas assez de concerts, on avait juste envie d’essayer de programmer des groupes qui nous correspondaient un peu plus (électro, folk, post rock). Au sein de l'asso, on essaie de se partager les tâches, Salima s'occupe un peu de chercher des groupes, de communiquer avec les bookers, elle s'occupe aussi de l'accueil des groupes (son anglais est quand même bien meilleur que le mien, héhé). Et je me charge du reste, communication, fly, technique. Le but au départ était quand même d'organiser plusieurs sortes de manifestations, pas uniquement des concerts. Je pense qu'on s'attardera un peu plus sur le pluridisciplinaire à notre retour du Canada. Et puis il y a ce projet de publier des recueils musicaux qui nous est venu à l'esprit il y a de ça quelques mois. Avec pour but de mélanger un peu les artistes qu'on a programmé et certain groupes locaux. Ainsi sur la première compile "Kito Sound" qui sort d'ici quelques jours, on retrouve des artistes locaux (DIAPORAMA, ZERO DEGRE, DOG BLESS YOU, DE TEKOOPTEHUREEN) ainsi que des groupes beaucoup plus connus tels que MILLIMETRIK du Canada et Tsukimono (membre de SCRAPS OF TAPE) de Norvège.
Bref, on essaie de varier un peu notre prog’, les projets… Mais bon, le principal chantier des Kito Kat est à présent de préparer leur voyage et programmer des concerts sur Montréal. On aimerait bien organiser une petite tournée pour un groupe de Metz le long du Saint Laurent. À suivre…

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Justement, ce voyage… Vous vous expatriez pendant un an au Canada. Qu'est-ce qui vous a motivé à agir ainsi ?

Déjà, c'est cette envie de ne pas rester en place, de bouger, vivre l'aventure. On est jeunes, en pleine possession de nos moyens… C'est le moment où jamais de partir. Et puis le Canada, pour moi, c'est une longue histoire. J'y suis allé à plusieurs reprises, j'y ai vécu quelques mois en 2005 pour effectuer mes recherches sur le label Constellation. Cela m'a permis de rencontrer des personnes vraiment très engagées, quelques amitiés se sont créées.

Vous partez avec des plans bien précis dans la tête ? As-tu prévu d'y jouer ?

Une fois là-bas, on a envie de développer quelques idées, mais le principal pour nous restera de vivre l'instant. Essayer de ne pas trop se projeter. C'est sûr qu'il y a des projets, des amis là-bas m'ont déjà prévu quelques concerts, comme je te le dis, on aimerait bien essayer de faire un peu de programmation aussi… En fait c'est difficile à dire. Pour Salima, c'est également un départ vers l'inconnu.

Est-ce pour mieux revenir sur Metz par la suite ?

Le retour à Metz ? Je préfère ne pas y penser pour l'instant.

L'inconnu te fait peur ?

J’ai mes petites craintes. Mais l'inconnu me motive beaucoup plus qu'il ne m'effraie. Si l'inconnu t'empêche de faire les choses par peur, alors il vaut mieux s'enfermer au fin fond de son cloître et vivre une vie d'ermite.

Tu quittes la France alors que Sarkozy est au pouvoir. Avec une compagne musulmane, t'as pas peur d'avoir du mal à revenir l'année prochaine ?

Héhé… Si t'avais vu comment on s'est fait fouillé à la douane au mois de février à l'aéroport… J'avais la barbe et Salima qui n'a pas trop un nom français… Ils ont laissé passé tous les vieux, les gens bien sapés, les jeunes Français propres sur eux… Et pis nous, ils nous ont fouillés de la tête aux pieds… On va demander l'asile politique au Canada. Quoique, leur gouvernement n'est pas vraiment plus sérieux que le nôtre. Bon, au moins ils ont la chance de ne pas avoir un mégalo au pouvoir. Puis tu sais, c'est même pas Sarko qui me fait peur, mais les réactions que j'entends sur mon lieu de travail, chez des amis, dans la famille. J'ai l'impression que les gens assument de plus en plus d'afficher leur ignorance et leur racisme. C’est un truc qui me fait flipper et ne me donne pas vraiment envie de revenir.

Tu bosses avec des jeunes en Internat. T'as réussi à leur donner goût à la musique ?

En fait, je bosse dans un collège et dans un lycée professionnel. Les gamins du collège sont adorables, j’ai pu discuter un peu de musique, leur faire découvrir des trucs pas trop compliqués. En revanche, au lycée, c'est plus un rapport de force, les jeunes te testent en permanence, ils sont un peu dans l'âge bête. Je crois que je n’ai même pas eu l’occasion de parler musique avec eux.

Revenons à la musique, justement. J'aimerais connaître la signification de ton patronyme.

Un mauvais jeu de mots… Tu t'y connais toi, en mauvais jeux de mots, non ? Disons que c'est un peu issu de la répulsion engendrée par toute forme de culte religieux. Tellement plus facile de se dédouaner et en appeler à la bénédiction d'un tiers.

En parlant de mots et de jeux, tu mentionnais au début de l'interview un futur projet avec des MC’s…

Ben justement, c'est en travaillant au collège que m'est venue l'idée. Un petit jeune qui me dit un jour : "Tiens Sam, écoute !!! C'est un clash avec je sais plus qui…" J'ai écouté : le flow du jeune et ses textes m'ont foutu une véritable claque dans la gueule. J’ai proposé de lui bricoler quelques instrus. Et je me suis dit que c'était essentiel de faire un petit retour aux sources. Je connais 4 ou 5 MC’s morts de faim, ils n'attendent que des instrus pour pouvoir poser ! Je vais essayer de terminer ça avant la fin août. Vais en profiter pour faire reprendre le mic à Salima, elle ne l'a plus touché depuis la fin du projet TRIPLE H COMBO. Autant dire que ça va négocier sec !

Les instrus pour ce projet, tu les travailles à base de quoi ? Est-ce que c'est un travail qui va différer de celui pour DBY ?

Pour chacun de mes projets, j'utilise toujours le même matos. Juste un changement de configuration suivant le style.
Mon outil principal reste avant tout le sampler. Et mes boîtes à rythmes. Avant, je passais un temps fou à chercher des samples, écouter des heures et des heures pour trouver LA boucle. Depuis un certain temps, je préfère jouer moi-même mes boucles, à l'aide d'un piano, d’une guitare ou d’un synthé. Sinon j'utilise Cubase SX sur le PC uniquement en séquenceur et, de temps en temps, je me sers des plug-in VST, mais c'est super rare.

Et au niveau des samples, tu pêches ça chez quoi ? Je te demande ça parce que sur le split avec Dr Geo, y'a des sons qui m'ont fait penser à du vieux WU, LO-DOWN ou même GRAVEDIGGAZ…

Pour le split, je n’ai utilisé des samples de disques que sur un morceau, en l'occurrence "Once Upon A Time" (les samples viennent d'un vieux stock de vinyles de jazz). Pour le reste, ce sont des samples que j'ai joués. En tout cas merci pour le rapprochement avec le WU, ça me touche beaucoup.

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Héhé, me disais bien… Bon on passe aux questions plus relax. Tes cinq morceaux préférés du WU, justement ?

Je vais plutôt te donner mes 5 albums préférés des pensionnaires du WU :
1 Genius : Liquid Sword
2 Raekwon : Only Built 4 Cuban Linx
3 WU TANG CLAN : Enter The Wu Tang
4 Method Man : Tical
5 Ghostface Killa : Iron Man

Canin ou félin ?

Miaowwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwww, sans aucun doute !! Félin, quoi !

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Meilleure drogue pour composer un titre de DBY ? Meilleure drogue pour écouter un titre de DBY ?

90 % de mes morceaux sont composés sous alcool. Pour l'écoute, je conseille un truc pas trop fort, juste ce qu'il faut, un petit joint de skunk ou du bon népalais. Mmmm tout ça enfoncé dans un fauteuil, les yeux fermés…

Comme c'est ta première interview, tu me dois de révéler en ces pages un truc que t'as jamais dit à personne avant…

Un truc que j'ai jamais dit à personne ? Héhé ça va être dur… Une nuit, dans un rêve, je me suis vu en double et j'ai crié… Ca te va ?

M'est arrivé la même chose y'a pas longtemps. T'as vu Le Locataire de Roman Polanski ? Y'a une scène similaire qui fout les jetons… D'ailleurs, ta scène de film préférée ? Si DBY était un film ?

Bien flippant, ce film de Polanski ! J'ai un peu honte de te dire ce qui va suivre, mais bon tant pis, j'assume… Y a une scène de film que j'ai dû voir un million de fois. C'est un vieux film canadien, ça s'appelle "Youngblood". L'histoire d'un joueur de hockey sur glace ricain qui s'exporte chez ces barbares de canadiens. La scène que je préfère, c'est quand à la fin du film il met une bonne branlée à son adversaire et marque le but de la victoire… YOUNGBLOODDDDDDD !!!!!! À chaque fois que je suis sur la glace, je m'imagine dans la peau de ce héros de film… Pas très glorieux, hein ??
Sinon, un peu comme Barclau, j'admire cet anti-héros qu'est « The Dude », le Big Lebowsky ! Un peu comme Homer Simpson, je pense que ce gars a vraiment trop la classe. Pour être un peu plus sérieux, j'aime beaucoup les films des frères Cohen. "Fargo" et son ambiance super glauque sont un bijou pour moi.
Suis un très gros consommateur de cinéma, dur de m'identifier à un film très précis. Mais si je devais choisir, je dirais "La Grande Bouffe" de Marco Ferreri. Abuser de tous les plaisirs de la vie (bouffe, baise, drogue, musique…) jusqu'à en crever !

Ta blague préférée ?

Au risque de paraître ennuyeux, je n’aime pas les blagues. Je n'arrive pas à les retenir, c'est peut-être pour ça.

Héhé alors je te laisse le mot de la fin, merci à toi d'avoir répondu à cette petite interview !

Merci à toi, Flo…

Ciao a tutti ! Tanti bacci ! Ci vediamo !
(Ça fait assez folklorique pour un mot de la fin ça, non ?)

www.myspace.com/dogblessyou

15 commentaires:

Aurélien a dit…

Ca se lit comme un bon polar cette interview.
Je savais déja beaucoup de choses sur Sam, mais j'ai appris ici quelques trucs très intéressants sur ce sacré bonhomme.

Et surtout il dit des choses très vraies: Flo, t'es vraiment le Roi du jeu de mots !

buddy satan a dit…

Héhé fais attention, t'es sur ma liste des gens que j'ai envie de faire parler ;-D

Content que l'interview te plaise, en tout cas ! Sam va me manquer...

florent a dit…

A partir de maintenant, "De Tekooptehuuren" s'écrit à l'envie, comme ça il sera TOUJOURS correctement écrit ...

buddy satan a dit…

Ou alors trouvez un petit surnom. Genre "les Tekoop".

Julien a dit…

Interview bien interessante, j'aime bien la démarche, maintenant vais écouter le son !

buddy satan a dit…

Content que ça te plaise. Un split CD avec Dr Geo sorti bientôt, yeah !

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